Le bain dans le Cydnus


Le Cydnus mérite mention non par son débit mais par sa limpidité. [...] Sa pureté n'a d'égale que son extrême fraîcheur due au charme multiple de ses rives ombreuses. [...]

Le Cydnus [...] traverse la ville (de Tarse) en son milieu. C'était alors l'été : en cette chaude saison nul endroit ne brûle comme le rivage de Cilicie sous l'ardeur du soleil ; commençait alors le moment le plus accablant de la journée. La limpidité de l'eau invita le roi, recouvert à la fois de poussière et de sueur, à se baigner, bien qu'il eût encore chaud ; [...] à peine fut-il entré qu'un frisson subit prit ses membres qui devinrent roides ; puis une pâleur se répandit sur lui et la chaleur de la vie l'abandonna presque tout entier. C'est une sorte de mourant que ses serviteurs recueillent dans leurs bras et transportent à peu près évanoui dans sa tente.

Quinte-Curce, Histoires, III, 4, 8-9; 5, 1-4


Les conquêtes d'Alexandre