ALEXANDRIE, UNE VILLE COSMOPOLITE

Fondée par un étranger, construite par des étrangers selon leurs conceptions architecturales et leurs besoins (gymnases et palestres), capitale d'un pays passé sous une domination étrangère, objet de toute la sollicitude des souverains, grand port commercial, Alexandrie est une ville cosmopolite dont la population est grecque et macédonienne, égyptienne et juive, sans parler des innombrables représentants d'une autre origine que leurs activités appellent à y faire des séjours temporaires. Sous l'Empire, le nombre des Romains, déjà présents, comme dans toute la Méditerranée orientale à l'époque hellénistique, (fonctionnaires, soldats, commerçants ou simples voyageurs), s'accroîtra considérablement.
Les différences entre les populations affectent les genres de vie, les moeurs, les croyances, les religions, le culte des morts. Chaque peuple conserve ce qui lui appartient en propre (organisation de la communauté du point de vue matériel, cultuel et administratif) mais on constate aussi des rapprochements et des échanges. Les rapports avec la classe dominante des Grecs et Macédoniens évolueront au fil des siècles, plus ou moins vite : les Juifs sont mieux considérés par exemple que les Égyptiens, leur intégration dans l'armée se fait plus tôt. Leur hellénisation est plus précoce et plus rapide : ils abandonnent l'araméen pour le grec. En revanche, ils demeurent attachés à leur foi tandis que les Égyptiens assimilent certains de leurs dieux aux divinités des Grecs (Sarapis/Zeus, Hadès, Poséidon ; le Sarapiéon, au coeur de la cité est le grand sanctuaire). Il y a aussi la volonté du pouvoir de créer une religion qui n'est pas seulement grecque et égyptienne mais alexandrine : cela se remarque dans l'identification d'un souverain divinisé à une divinité (Arsinoé II:/ Aphrodite marine, la même /Isis Séléné). Grecs et Macédoniens pratiquent soit l'inhumation soit l'incinération, les Égyptiens demeurent attachés à la momification, dont la pratique a augmenté à Alexandrie. La ville des morts (Nécropolis), qui a en grande partie disparu du fait des travaux de l'époque moderne, a occupé une place considérable et elle a livré une documentation à la fois sur les pratiques funéraires et sur la vie à Alexandrie.


ALEXANDRIE