ALEXANDRIE DANS L'ÉGYPTE

Alexandrie occupe une place originale dans le pays par rapport aux habitudes des Égyptiens : Leurs capitales étaient construites à l'intérieur du pays et elles tournaient en quelque sorte le dos à la mer : les échanges avec les autres nations de l'Est lointain ou proche se faisaient par voie de terre. Alexandrie est un port, le plus grand de la méditerranée orientale. Ce rappel n'est pas inutile pour apprécier le mode d'existence de la ville. De la mer la ville reçoit les productions du monde entier, alors que les importations se faisaient auparavant par voie de terre. Mais c'est l'intérieur du pays qui assure son existence, en lui fournissant l'eau pour la boisson et pour tous les autres besoins de la vie (hygiène du corps : importance des bains) et la nourriture. Nous avons déjà parlé de la construction des citernes, ces réservoirs immenses dont les restes font juger de l'importance des travaux entrepris. L'eau potable manquant à proximité, on alla la chercher dans le Nil à vingt-cinq kilomètres à l'est d'Alexandie : un canal alimentait les aqueducs qui conduisaient l'eau jusqu'à la ville.
Pour la nourriture, Alexandrie disposait des ressources de sa campagne (chôra). On n'en connaît pas les limites administratives exactes, sans doute de Taposiris Magna à l'Ouest, jusqu'à Canope (au N.E.) et Schédia (au S.E.) et sur une partie du delta. La région est riche en terres très fertiles, où se pratiquent les cultures maraîchères (et même celle de la vigne), et l'élevage, où les roseaux et les joncs alimentent en abondance les fabricants de vanneries et de sparterie (= fabrication d'objets, plus ou moins élaborés, en fibres végétales, tels que cabas, paniers, nattes, tentures, tapis), ainsi que la production du papyrus aux multiples usages (l'administration surtout, l'enseignement aussi:- beaucoup de fragments littéraires nous ont été transmis sur ce support- en ont fait une grande consommation) Les cours d'eau, les canaux et les lacs sont peuplés de poissons et d'oiseaux. Ces ressources ne suffisent sans doute pas aux besoins d'une ville qui fut, pendant une longue période, la plus peuplée de la terre habitée, le commerce, mettant à la disposition de la population les produits du monde connu et parfois de lointaines régions de l'Asie (Afghanistan par exemple). Les ressources de la douane alimentent les finances du pouvoir. À toutes les époques la beauté des environs d'Alexandrie a frappé les voyageurs. Les témoignages des Français, à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle sont particulièrement éloquents.


ALEXANDRIE