LA MÉDECINE

Nul n'ignore le nom d'Hippocrate (environ 460-377 av. J.-C.), véritable fondateur de la médecine. Né à Larissa, en Thessalie, il voyagea beaucoup et se fixa à Cos, où se développa une école de médecine fameuse. Sa rivale en ce domaine était à Cnide, en Carie (Asie Mineure). Les Ptolémées attirèrent les médecins à Alexandrie. Les deux école sont représentées, celle de Cnide par Hérophile (env. 335-280 av. J.-C.), celle de Cos par Érasistrate qui avait fait ses études à Athènes. Ils trouvèrent au Musée des conditions favorables et notamment la possibilité de pratiquer des dissections dans des salles aménagées. En Grèce, on avait répugné à disséquer les cadavres. En Égypte, la momification avait habitué à la manipulation des cadavres et libéré les esprits. L'anatomie et la physiologie firent de grands progrès. Ces savants étaient pourvus d'un véritable esprit scientifique : ils étaient des observateurs scrupuleux et des expérimentateurs habiles. Grâce à eux, on apprit à connaître de nombreux organes, le fonctionnement du coeur, la nécessité de prendre le pouls pour poser un diagnostic, à distinguer les artères des veines. Ses recherches sur l'oeil lui ont permis de découvrir l'importance du système nerveux et du rôle du cerveau dans son fonctionnement. Il a amélioré la technique des accouchements. Les traités d'Hérophile, dont ses Anatomica, sont aujourd'hui perdus. Il en est de même pour ceux d'Erasistrate. Si les deux hommes ont travaillé dans les mêmes domaines en se dépassant parfois (Erasistrate découvre que les veines n'ont pas de pulsation, à la différence des artères, qu'il faut distinguer deux catégories de nerfs, les moteurs et les sensitifs), on considère que Hérophile fut plus un anatomiste et Erasistrate un physiologiste. Les deux écoles subsistèrent jusqu'au IIe siècle de notre ère et à la différence des autres sciences, la médecine ne connut pas de désaffection. Chez les Anciens elle fut toujours entre les mains des Grecs, à quelques exceptions près. À Rome la médecine scientifique ne prit son essor qu'à la fin du IIIe siècle.
Beaucoup de médecins, formés à Alexandrie allèrent exercer leur métier un peu partout dans le monde romain ainsi que l'attestent des épigrammes funéraires citées par André Bernand (épitaphes). Le même auteur met en lumière certains traits de la personnalité des médecins : ce sont souvent des lettrés versés dans la poésie et l'éloquence et de grands voyageurs. Avoir beaucoup voyagé et avoir cultivé leur talent dans l'art d'écrire tenaient à leurs yeux et à ceux de leurs contemporains une place plus grande que le fait d'avoit guéri leurs patients !


ALEXANDRIE