LA RELIGION

De profondes transformations interviennent dans le domaine religieux dans les royaumes hellénistiques. Les cités grecques de l'époque classique rendaient un culte aux divinités, qui, en échange, assuraient leur protection contre leurs ennemis : ainsi, dans Les Perses, est mis en valeur le rôle d'Athéna dans la déroute des armées de Xerxès. On se détourne désormais des dieux qui ont failli à ce rôle dans les guerres qui, au IVe siècle, ont opposé Athènes à la puissance macédonienne. Désaffection donc à l'égard des grandes divinités tutélaires et déclin du culte. On n'en conclura pas pour autant à une rupture totale, loin de là. Mais de nouvelles formes de religiosité apparaissent. En Égypte en particulier, sous l'influence des autochtones, on rend un culte aux monarques (ce fait a déjà été signalé dans la partie intitulée Alexandrie, une ville cosmopolite). Ce sont les rois qui assurent la protection de leurs sujets et leurs surnoms sont révélateurs du rôle qu'on leur attribue et qu'ils s'attribuent (Sôter/Sauveur ; Évergète/Bienfaiteur). Comme on l'a vu aussi, les dieux du Panthéon grec sont assimilés aux grandes divinités égyptiennes.(exemple Hathor/Aphrodite), en l'honneur desquels les souverains construisent des temples imposants dans la vallée du Nil, à Edfou, à Kom Ombo, à Esna, à Dendérah, à Philae, à Alexandrie même le Sérapeum, temple de Sérapis, divinité assimilée à la fois à Zeus, à Asclépios et à Osiris-Apis. Le Sérapeum n'est pas unique : il y avait un temple de Sérapis à Canope et d'autres sanctuaires lui étaient dédiés. L'autre divinité particulièrement adorée était Isis à laquelle étaient consacrés plusieurs sanctuaires. Ce syncrétisme religieux est un des caractères essentiels de ces temps. Il concerne toutes les classes de la société sous les Lagides comme en témoignent les épigrammes funéraires (textes ) à l'époque des rois et encore sous l'Empire romain. La coexistence des Grecs et des Égyptiens des classes populaires aboutit à une identité des sentiments religieux. Ce qui les caractérise c'est l'opposition entre le formalisme et la froideur des cérémonies religieuses dans la cité et la ferveur manifestée par les croyants des cultes nouveaux. Les hommes sont préoccupés de leur salut personnel. Ils adhèrent aux religions qui leur apportent réconfort dans leur vie terrestre et promesses pour l'au delà. (cf Pierre Lévèque Empires et Barbares du IIIe siècle av. J.-C. au Ier s. après J.-C.).


ALEXANDRIE