Le triomphe d'Antoine sur le roi d'Arménie

Dion Cassius développe davantage le récit qu'il fait de cet événement.

Ceci fait, Antoine, après avoir fiancé à son fils la fille du roi du Mède afin de resserrer leurs liens, laissa ses légions en Arménie et revint en Égypte avec un butin considérable dont l'Arménien, sa femme et ses enfants. Il les envoya à Alexandrie avec les autres prisonniers de guerre dans une sorte de cortège triomphal et lui-même entra sur un char. Il offrit à Cléopâtre tout le butin et lui présenta l'Arménien avec toute sa famille dans des chaînes d'or. Or les barbares ne lui adressèrent aucune prière et ne se prosternèrent pas devant elle, malgré les forces contraintes dont ils furent l'objet et les espoirs nombreux qu'on leur fit entrevoir, mais ils s'adressèrent à elle par son nom et cette attitude leur valut une réputation de fierté mais les fit durement traiter.

Dion Cassius, Histoire de Rome,49, 40, 2-4

N.B. La propagande d'Octavien ne manqua pas d'exploiter cette "sorte de triomphe" qui portait atteinte à la dignité de cette pratique et, par là, à celle du peuple romain. En fait, selon les historiens, il n'était pas dans les intentions d'Antoine de célébrer un triomphe à la romaine.
"Il voulait raviver la geste d'Alexandre et, dans l'éclat de la fête, se replacer dans la lignée du héros macédonien" (F. Hinard, L'Histoire romaine, tome I p; 889)



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