Prospérité de l'Égypte

Nous retiendrons, comme témoignage de la prospérité de l'Égypte au IIIe siècle, un passage d'Hérondas. L'oeuvre d'Hérondas n'a été connue que tardivement, quand le British Museum fit l'acquisition, en 1889, d'un papyrus égyptien qui contenait neuf Mimes de lui (oeuvre dans laquelle il met en scène les petites gens d'Alexandrie).
Une vieille femme, Gyllis, une entremetteuse, vient rendre visite à une jeune femme, Métriché. C'est elle qui parle.


[...] Depuis que Mandris est parti pour l'Égypte, voilà bien dix mois que tu es sans une ligne de lui, il a tout oublié, il a bu à une autre coupe. C'est que là-bas, Aphrodite est chez elle ; tout ce qui peut exister ou se produire sur terre, on le trouve en Égypte : fortune, sport, pouvoir, ciel bleu, gloire, spectacles, philosophes, or fin, jolis garçons, temple des dieux frère et soeur, le roi qui est si bon, musée, vin, toutes les bonnes choses dont on peut avoir envie, et des femmes, tant de femmes, par la Vierge des enfers, que le ciel ne peut se vanter de porter plus d'étoiles, et à les voir elles sont pareilles aux déesses qui jadis vinrent prendre Pâris pour juge de leur beauté, - pourvu qu'elles ne m'aient pas entendue!

Hérondas, Mimes, I, 23



HISTOIRE DIPLOMATIQUE