Cléopâtre, séductrice, pleine de charme, femme fatale, qui se moque des hommes.

Doué d'un tel caractère [il se laisse prendre facilement aux éloges], Antoine mit le comble à ses maux par l'amour qu'il conçut pour Cléopâtre, amour qui éveilla et déchaîna en lui beaucoup de passions encore cachées et sommeillantes, et qui éteignit et étouffa ce qui pouvait, malgré tout persister chez lui d'honnête et de salutaire.
[...] Duellius qui lui fut député, n'eut pas plus tôt vu l'aspect de Cléopâtre et reconnu le charme et la finesse de sa parole qu'il sentit aussitôt qu'Antoine ne ferait aucun mal à une pareille femme et qu'elle tiendrait auprès de lui la plus grande place [...].

Plutarque, Vie d'Antoine, 25, 1-3 passim (extrait déjà cité)

Elle recevait beaucoup de lettres de lui (Antoine) et de ses amis qui l'appelaient, mais elle n'en tint pas compte et se moqua à tel point d'Antoine qu'elle se mit à remonter le Cydnus sur un navire à la poupe d'or []

Plutarque, Vie d'Antoine, 26, 1 (extrait déjà cité)

[...] Cependant ce fut l'avis de Cléopâtre qui l'emporta : le conflit serait tranché sur mer ; déjà elle pensait à fuir et prenait ses dispositions personnelles pour se placer non pas là où elle pourrait aider à la victoire, mais là d'où elle se retirerait le plus aisément si tout se gâtait

Plutarque, Vie d'Antoine, 62 (passage déjà cité)

N.B. Cette thèse de la fuite programmée est récusée par les historiens actuels

Tombé amoureux de Cléopâtre qu'il avait vue en Cilicie, il n'eut plus aucun souci de son honneur, devint l'esclave de l'Égyptienne et consacra tout son temps à son amour. Cette passion lui fit commettre beaucoup d'actes insensés [...] jusqu'à ce qu'il fût complètement anéanti [...].
Il (Antoine) parut avoir perdu la raison sous l'influence de Cléopâtre après des pratiques de sorcellerie. En effet, elle fascinait non seulement Antoine, mais aussi les autres Romains qui avaient du pouvoir auprès de lui et elle les attachait à elle par un charme si puissant qu'elle pouvait espérer régner même sur les Romains.

Dion Cassius cité par Christian-Georges Schwentzel

N.B. "L'Égyptienne", suprême injure de la propagande d'Octavien (comme en d'autres temps, en France, on a dit "l'Autrichienne"), c'est oublier que Cléopâtre, si elle régna sur l'Égypte, était une Macédonienne considérée comme une Grecque.



La propagande romaine contre Cléopâtre