Properce parle de Cléopâtre sans jamais la nommer.

Dans cette élégie, le poète parle d'héroïnes célèbres, comme Médée, Penthésilée, Omphale, Sémiramis. Il parle aussi de Cléopâtre sans jamais la nommer.

Que dire de cette femme qui, naguère, apporta l'opprobre à nos armes, de cette prostituée qui s'offrait à ses esclaves et qui, pour prix de ses faveurs, exigeait de son impudique époux qu'il ouvrît les portes de Rome et rangeât sous son empire le Sénat ? Fatale Alexandrie, terre fertile en ruses, et toi, Memphis, qu'ensanglantèrent tans de fois nos malheurs, c'est sur votre sol, sur votre grève que Pompée se vit ravir ses trois triomphes ! Jamais rien, ô Rome, ne t'enlèvera cette tache. [...]. Oui, la courtisane, reine de l'incestueuse Canope (ville d'Égypte, lieu de plaisir), - marque infamante imprimée au sang de Philippe (de Macédoine. Les Lagides le considéraient comme leur ancêtre) - a eu la prétention d'opposer à notre Jupiter l'aboyant Anubis, de contraindre le Tibre à subir les menaces du Nil ; de chasser la trompette romaine aux sons de crécelle du sistre, de poursuivre nos rostres liburnes avec des gaffes de toue, de planter ses tentes sacrilèges sur la roche Tarpéienne, de faire la loi parmi les statues et les armes de .Marius [...]

Properce, Élégies, III, XI, v. 29-46, passim



La propagande romaine contre Cléopâtre