La "guerre d'Actium" est bien celle de l'Occident contre l'Orient.

Au milieu on pouvait voir des flottes de bronze, la guerre d'Actium [...] D'un côté, Auguste César conduisant au combat les Italiens avec les Pères (les sénateurs) et le peuple, les Pénates et les Grands Dieux debout sur la haute poupe [...] De l'autre côté, avec une profusion barbare et des armes bigarrées, Antoine, ramenant ses victoires depuis les peuples de l'Aurore et les rivages Rouges, traîne avec soi l'Égypte, les forces de l'Orient, Bactres tirée du fond de l'univers ; misère! Une épouse égyptienne le suit. [...] La reine, dans le coeur du combat, appelle ses troupes au son du sistre de ses pères et ne voit pas encore derrière son dos les deux serpents. Des dieux monstrueux mêlés de toutes natures, l'aboyeur Anubis, pointent leurs traits contre Neptune et Vénus et contre Minerve. Entre les combattants, Mars déploie sa rage, il est ciselé en fer, et les sinistres Furies venues de l'éther ; joyeuse, la Discorde va et vient, sa robe déchirée, Bellone la suit, avec son fouet sanglant.
Á cette vue, l'Apollon d'Actium tendait son arc, d'en haut ; tous alors, épouvantés, l'Égypte, l'Indien, les Arabes tous ensemble, tous les Sabéens s'enfuyaient. La reine elle-même appelant les vents semblait mettre à la voile et déjà de plus en plus lâcher les cordages. Au milieu de tant de cadavres, pâle de la mort qui l'attend, le maître du feu l'avait fait passer, emportée par les ondes et par l'Iapyx ; et en face, le Nil, son grand corps abattu de douleur, déployant les plis de sa robe et appelant dans son giron azuré, dans les cachettes de ses canaux, les vaincus.
(suivent l'évocation des trois triomphes d'août 29 et les hommages de tout l'univers)

Virgile, Énéide, VIII, v. 675-713 passim



La propagande romaine contre Cléopâtre