La cérémonie du gymnase.

Le gymnase (dérivé de gymnos, nu, parce que les garçons et les hommes s'y exerçaient nus) était, à l'époque hellénistique, une institution publique dont les dépenses étaient prises en charge par l'état. Il était "un élément essentiel de la vie grecque, l'empreinte même de l'hellénisme"(Dictionnaire de l'Antiquité). Il en existait plusieurs à Alexandrie. Le plus grand (celui qui nous intéresse) a été décrit par Strabon. C'était un des monuments les plus importants de la ville. Bien des événements s'y sont déroulés, quelquefois dramatiques. C'est le lieu qu'avait choisi Antoine pour proclamer Cléopâtre reine d'Égypte.

Il (Antoine) se rendit odieux aussi par le partage qu'il fit à Alexandrie entre ses enfants, qui apparut comme une manifestation théâtrale et arrogante d'hostilité contre Rome. Il avait rempli d'une foule immense le gymnase et fait dresser sur une estrade d'argent deux trônes d'or, l'un pour lui, l'autre pour Cléopâtre, et d'autres, plus bas pour leurs enfants ; il commença par proclamer Cléopâtre reine d'Égypte, de Chypre, de Libye et de Coelé-Syrie, et il associa à son règne Césarion qui passait pour être le fils du premier César, qui avait quitté Cléopâtre alors qu'elle était enceinte. Il conféra ensuite le titre de rois des rois aux fils qu'il avait lui-même de Cléopâtre, assignant à Alexandre l'Arménie, la Mésie et l'empire Parthe, lorsqu'il serait soumis, et à Ptolémée la Phénicie, la Syrie et la Cilicie. En même temps il les présenta tous les deux au peuple, Alexandre vêtu du costume des Mèdes avec la tiare et la citaris droite, Ptolémée, la chlamyde et le chapeau macédonien surmonté d'un diadème. Cette tenue était celle des rois successeurs d'Alexandre, et l'autre, celle des Mèdes et des Arméniens. Lorsque les deux enfants eurent embrassé leurs parents, ils furent entourés, l'un d'une garde d'Arméniens, l'autre d'une garde de Macédoniens. Dès ce moment et dans la suite, Cléopâtre ne parut plus en public que revêtue de la robe sacrée d'Isis, et donna ses audiences en tant que nouvelle Isis.

Plutarque, Vie d'Antoine, 54, 5-9



La propagande romaine contre Cléopâtre