Les herbes condimentaires, il en faut mais point trop....

"Moi, je ne vous assaisonne pas un dîner comme les autres cuisiniers qui vous servent tout un pré en assaisonnements de leurs plats ; qui prennent les convives pour des boeufs et leur présentent des herbes, herbes qu'ils accommodent avec d'autres herbes. Ils y mettent de la coriandre, du fenouil, de l'ail, du persil ; ils y ajoutent de l'oseille, du chou, de la poirée et des blettes, ils y délayent une livre entière de suc de silphium ; on pile de la moutarde, affreuse drogue qui ne se laisse pas piler sans faire pleurer les yeux des marmitons. Quand ces gens-là font cuire un souper, ce n'est pas avec des assaisonnements qu'ils l'assaisonnent, mais avec des Harpies, capables de vous dévorer les entrailles des convives tout vivants. Et puis qu'on s'étonne que la vie soit si courte, quand les gens se collent dans le ventre des herbes de cette nature qui font frémir seulement à les nommer : jugez quand on les mange ! des herbes que les bêtes ne mangent pas, on les fait manger aux hommes."

Plaute, Pseudolus, v. 810-825



Les Provisions chez les Romains