Chez Philémon et Baucis (leurs hôtes sont, à leur insu, Jupiter et Mercure)

Aussitôt que les habitants des cieux sont arrivés à ces modestes pénates et que, baissant la tête, ils en ont franchi l'humble porte, le vieillard les invite à se reposer et leur offre un siège sur lequel Baucis attentive a jeté un tissu grossier. Ensuite elle écarte dans le foyer les cendres encore tièdes, elle ranime le feu de la veille, l'alimente avec des feuilles et des écorces sèches et son souffle affaibli par l'âge en fait jaillir la flamme ; elle apporte de son hangar du bois fendu et des ramilles desséchées et les brise en menus morceaux qu'elle met sous un petit chaudron en bronze. Son mari avait été cueillir des légumes dans le jardin bien arrosé ; elle les dépouille de leurs feuilles ; puis, avec une fourche à deux dents, elle détache d'une noire solive, où il était suspendu, le dos enfumé d'un porc ; dans cette viande longtemps conservée elle taille une tranche mince et la plonge, pour l'attendrir, dans l'eau bouillante. [...] (La vieille femme apporte des mets rustiques), le tout servi sur des plats de terre. Ensuite on apporte un cratère ciselé dans le même argent et des coupes taillées dans le hêtre dont les flancs creux sont enduits d'une cire dorée.

Ovide, Métamorphoses, VIII, 640-670


Les instruments de cuisine et la préparation des repas chez les Romains