Maigres repas de pauvres gens

Il y a mon mari, un pauvre, et moi, une vieille, et ma fille, et mon petit garçon, et cette brave femme, cinq en tout. Nous sommes trois qui dînons ; deux autres prennent avec nous leur part d'une maigre polenta. Nous chantons sans musique une complainte, quand nous n'avons rien du tout ; notre teint, au régime de jeûne, devient jaune. Nos pitances et le menu de notre existence, c'est : fève, lupin, rave, ers, pois vert, faîne, oignon, cigale (1), pois chiche, poire sauvage, et puis, confection divine, l'attention qu'eut pour moi Mère-Cybèle, toi, figue sèche, qu'inventa la Sykè des Phrygies.

(1) sans doute un végétal vulgaire mangé par les pauvres.

Alexis, cité par Athénée, Deipnosophistes, II, 55


Les repas de tous les jours : leur déroulement chez les grecs