Les Syssities

(Lycurgue) introduisit [...] sa plus belle réforme, l'institution des repas pris en commun. Les citoyens durent se réunir ensemble pour manger le même pain et la même pitance réglés par la loi. Il leur fut interdit de manger chez eux, couchés sur des lits somptueux devant des tables magnifiques, s'engraissant dans l'ombre, grâce au travail des cuisiniers et des pâtissiers, comme des animaux gloutons, gâtant leurs âmes en même temps que leurs corps, s'abandonnant à tous leurs désirs et se gavant au point d'avoir besoin ensuite de beaucoup de sommeil, de bains chauds, d'un long repos et de soins journaliers, comme s'ils étaient malades.

Même les enfants assistaient souvent à ces repas ; on les y menait comme à une école de tempérance ; ils y entendaient parler de la politique et y assistaient à des amusements dignes d'hommes libres ; ils s'habituaient eux-mêmes à plaisanter et à railler sans mauvais goût et à subir la raillerie sans se fâcher.

Plutarque, Lycurgue, 10, 1 et 12,6


Les repas de tous les jours : leur déroulement chez les grecs