Faste de Metellus

Metellus, au bout d'un an, regagna l'Espagne ultérieure, tout couvert de gloire [...]. Le questeur Caius Urbinus et d'autres, qui lui avaient adressé des invitations et connaissaient ses goûts, déployaient un faste supérieur aux usages romains et même aux usages des mortels : les maisons étaient ornées de tapisseries et d'enseignes du pouvoir et l'on dressait une scène pour l'évolution des acteurs. En même temps était répandu du safran sur le sol et ailleurs, comme on le fait dans un temple où se presse la foule des fidèles. En outre, tantôt, quand il avait pris place, une statue de la Victoire descendue à l'aide de cordes, au milieu d'un grondement de tonnerre artificiel, lui posait une couronne sur la tête, tantôt, à son arrivée, on l'honorait avec de l'encens comme un dieu. Généralement à table, il portait une toge brodée comme vêtement ; quant aux mets, ils étaient très rares, des mets qu'on allait chercher non seulement à travers toute la province, mais au-delà des mers, comme plusieurs espèces de gibier ou d'oiseaux inconnus auparavant que l'on faisait venir de Mauritanie. De tels excès lui avaient coûté une partie de sa gloire...

Salluste, Histoires II, 70
cité par Macrobe, Saturnales, III, 7-9


Les repas de fête chez les Romains