Deux menus appétissants

Tu feras un bon dîner, Julius Cerialis, chez moi : si tu n'as pas accepté d'invitation préférable, viens. [...] Tout d'abord, on te servira de la laitue, propre à relâcher le ventre, ainsi que des tiges détachées des poireaux qui les ont portées ; ensuite un alevin de thon, de conserve sans doute et plus gros qu'un poisson-lézard, mais garni d'oeufs sur un lit de rue. D'autres oeufs ne feront point défaut, cuits sous une faible couche de cendres, ni un pain de fromage coagulé sur un foyer de Vélabre, ni des olives qui ont ressenti le froid du Picenum. Cela suffit pour les hors-d'oeuvre.

Martial, Épigrammes, XI, 52, v. 1-12

Si la perspective d'un morne repas à domicile t'attriste, Toranius, tu peux faire maigre chère en ma compagnie. Tu auras d'abord, si tu aimes les mets apéritifs, de vulgaires laitues de Cappadoce, et des poireaux à l'odeur forte ; une tranche de thon se dissimulera ensuite sous des oeufs coupés par quartiers. On te servira et tu devras te brûler les doigts pour le prendre sur un plat noir, un chou vert qui viendra de quitter le jardin plein de fraîcheur, du boudin surmontant une bouillie d'un blanc de neige et des fèves grisâtres avec du lard rosé. Si tu souhaites les friandises du dessert, on te présentera des raisins légèrement flétris, des poires portant le nom de la Syrie et, produit de Naples la savante, des châtaignes rôties sur feu doux ; quant au vin, tu le rendras bon en le buvant.

Martial, Épigrammes, V, 78


Les repas de tous les jours : leur déroulement chez les Romains