La ruse d'Héphaïstos


(Instruit de son malheur, Héphaïstos forgé un filet pour prendre sur le fait les deux amants coupables.)

Aux pieds (du lit) il attacha des chaînes en réseau ; au plafond, il pendit tout un autre réseau, vraie toile d'araignée, un piège sans pareil, imperceptible à tous, même aux dieux bienheureux. [...]

(Arès et Aphrodite) à peine montés sur le cadre et couchés, l'ingénieux réseau de l'habile Héphaïstos leur retombait dessus : plus moyen de bouger, de lever bras ni jambe ; ils voyaient maintenant qu'on ne pouvait plus fuir. Et voici que rentrait la gloire des boiteux ! [...] Debout au premier seuil, affolé de colère, avec des cris de fauve, il appelait les dieux :"Zeus le père et vous tous éternels Bienheureux ! arrivez ! vous verrez de quoi rire ! un scandale ! [...]

Vers le seuil de bronze accouraient tous les dieux. [...] Les déesses, avec la pudeur de leur sexe, demeuraient au logis. Sur le seuil ils étaient debout, ces immortels qui nous donnent les biens, et du groupe de ces bienheureux montait un rire inextinguible : ah ! la belle oeuvre d'art de l'habile Héphaïstos !

Homère,Odyssée, VIII, v. 277-328 passim


Aphrodite