Aphrodite blessée.


Diomède poursuit Cypris d'un bronze impitoyable. Il la sait déesse sans force : elle n'est pas de ces divinités qui président aux combats humains [...] ; dans un bond, accompagnant sa javeline aiguë, il la touche à l'extrémité du bras délicat [...] ; au-dessus du poignet de la déesse jaillit son sang immortel : c'est "l'ichor", tel qu'il coule aux veines des divinités bienheureuses : ne mangeant pas le pain, ne buvant pas le vin aux sombres feux, elles n'ont point de sang et sont appelées immortelles.

Alors, dans un grand cri, elle laisse choir son fils de ses bras. Phoïbos Apollon le prend dans les siens et lui donne l'abri d'une vapeur sombre [...] Elle part, éperdue. Sa peine est terrible. Iris, aux pieds rapides comme les vents, la prend et l'emmène hors de la foule. Elle souffre mille douleurs et sa belle peau noircit.

Homère, Iliade, V, v. 330-355 passim


Aphrodite