La ceinture d'Aphrodite

(Héra veut séduire Zeus et le détourner un moment des combats qui se déroulent autour de Troie)

L'auguste Héra alors, perfidement, lui dit : «Eh bien ! donne-moi la tendresse, le désir, par lesquels tu domptes à la fois tous les dieux immortels et tous les mortels.» [...]

Et Aphrodite qui aime les sourires, à son tour, lui dit : «Il est pour moi tout ensemble impossible et malséant de te refuser ce que tu demandes : tu es celle qui repose dans les bras de Zeus, le dieu suprême.»

Elle dit et de son sein elle détache alors le ruban brodé, aux dessins variés, où résident tous les charmes. Là sont tendresse, désir, entretien amoureux aux propos séducteurs qui trompent le coeur des plus sages. Elle le met aux mains d'Héra et lui dit, en l'appelant de tous ses noms : «Tiens, mets-moi ce ruban dans le pli de ta robe. Tout figure dans ses dessins variés. Je te le dis : tu ne reviendras pas sans avoir achevé ce dont tu as telle envie dans le coeur.» Elle dit et fait sourire l'auguste Héra aux grands yeux et, souriante, Héra met le ruban dans le pli de sa robe.

Homère, Iliade, XIV, v. 197-221



Aphrodite