Les fêtes d'Adonis : chant de l'artiste

Reine, qui chéris Golgoi et Idalion et le haut mont Éryx, Aphrodite qui joues avec l'or, qu'il est beau, l'Adonis que les Heures aux pieds délicats te ramènent avec le douzième mois de l'intarissable Achéron ; elles sont, les Heures chéries, les plus lentes des déesses, mais elles viennent, répondant aux désirs et à tous les mortels apportent toujours quelque bien. [...]

Auprès de lui sont déposés tous les fruits de la saison, tous les fruits que portent les arbres ; auprès de lui de délicats jardins conservés dans des corbeilles d'argent, des alabastres d'or pleins de parfum de Syrie ; et toutes les pâtisseries que les femmes travaillent sur un plateau, avec la blanche farine mélangée à mille essences de fleurs, avec le doux miel ou dans l'huile liquide, en forme d'animaux qui volent ou qui marchent, toutes sont ici près de lui. [...]

Lui, appartient à Cypris ; elle, à Adonis aux bras de rose. L'époux a dix-huit ans ou dix-neuf ; son baiser ne pique pas ; ses lèvres sont encore entourées d'un duvet doré. Maintenant que Cypris soit heureuse de posséder son amant. Nous, demain à l'aurore, à l'heure de la rosée, toutes ensemble nous le porterons hors de la ville, là où les flots écument sur le rivage ; et, les cheveux épars, laissant traîner nos robes jusque sur nos talons, la gorge découverte, nous entonnerons un chant perçant.

Tout seul, dit-on, parmi les demi-dieux, cher Adonis, tour à tour tu viens sur terre et tu vas aux Enfers. [...] Accorde-nous ta bienveillance maintenant, cher Adonis, et garde-la nous pour une année nouvelle ; avec joie nous t'avons accueilli maintenant, Adonis ; et lorsque tu viendras, en ami nous t'accueillerons.

Théocrite, Idylles, XV, v.100-144 passim



Aphrodite