Aphrodite sauve Pâris-Alexandre des mains de Ménélas

Il (Ménélas) [...] saisit Alexandre par son casque à l'épaisse crinière, le fait pivoter, puis tâche à le tirer vers les Achéens aux bonnes jambières; La courroie ouvragée verrou du casque tendu sous le menton étrangle le cou délicat. Et il l'eût entraîné et se fût ainsi acquis une gloire infinie, si la fille de Zeus, Aphrodite, ne l'eût vu de son oeil perçant. Elle rompt la courroie, taillée dans le cuir d'un boeuf abattu, si bien qu'un casque vide maintenant se trouve seul à suivre la forte main. Le héros alors fait tournoyer ce casque et le jette vers les Achéens aux bonnes jambières. Ses gentils compagnons l'emportent, tandis que le héros, lui, fait demi-tour et s'élance, brûlant de tuer son adversaire avec la pique de bronze. Mais Aphrodite lors la lui ravit ; ce n'est qu'un jeu pour la déesse : elle le dérobe derrière une épaisse vapeur et le dépose dans sa chambre odorante et parfumée.

Homère, Iliade, III, v. 369-382



Aphrodite