Apollon et Hyacinthe lancent le disque


Ils allègent leurs corps de leurs vêtements et, tout luisants du suc de la grasse olive, ils engagent la lutte pour le lancement du large disque. Phoebus, après l'avoir bien balancé dans sa main, le lança à travers les airs, fendant de son poids les nues sur son passage. Longtemps après, la lourde masse retomba sur la terre consistante, témoignant de l'adresse que le dieu joignait à sa vigueur.

Aussitôt, sans réfléchir, dans l'emportement du désir de prendre part au jeu, l'enfant se précipita pour ramasser le disque. Mais sous le choc, le sol durci renvoyant celui-ci, le fit rebondir pour venir te frapper en plein visage, Hyacinthe [...] Celui-ci penche son visage marqué par la mort ; sa force l'abandonne, son cou est pour lui-même un fardeau et retombe sur son épaule. "Tu succombes, dit Phoebus, et je vois ta blessure, mon accusatrice. Tu es ma douleur et mon forfait [...]

Que ne m'est-il permis de perdre la vie, châtiment mérité, et avec toi. Ma lyre sous l'impulsion de ma main, mes chants, résonneront en ton honneur. Devenu une fleur nouvelle, tu répéteras, par l'inscription de tes pétales, mes gémissements [...] Tandis que ces mots sont proférés par la bouche sincère d'Apollon, voici que le sang, qui, s'épanchant sur le sol, avait teint le gazon, cesse d'être du sang, et une fleur naît...

Ovide, Métamorphoses, X 167 sqq


Apollon