Ariane abandonnée


" Ainsi tu ne m'as emmenée loin des autels de mes pères que pour m'abandonner sur une plage déserte, perfide, perfide Thésée ! Ainsi tu fuis , sans craindre la puissance des dieux, ingrat, et tu emportes à ton foyer ton parjure maudit ! Rien n'a donc pu fléchir ton cruel dessein? Il n'y avait donc pas en toi assez de générosité pour que ton coeur barbare consentît à me prendre en pitié ? Ce n'est pas là ce qu'autrefois m'avait promis ta voix caressante, ce n'est pas là ce que tu me faisais espérer éperdument, amis une joyeuse union et un hymen qui comblerait mes voeux ; autant de vaines paroles que les vents dissipent dans les airs. Et maintenant, qu'aucun homme n'ajoute foi aux serments d'un homme ; qu'aucune n'espère entendre de la bouche d'un homme des propos sincères."

Catulle, 64,132-144.


Thésée