Les récits de l'Iliade

Les récits des combats, souvent assez longuement développés, sont les morceaux de bravoure de l'épopée ; de ce point de vue, les textes homériques sont de véritables modèles, qui ont été imités par les auteurs tragiques grecs, mais aussi par des Latins comme Virgile dans l'Énéide, par les auteurs des chansons de geste (la Chanson de Roland par exemple), et, plus près de nous, par nos auteurs tragiques de la période. classique ; parfois, ils ont été parodiés, par Rabelais et Scarron notamment.

Homère nous raconte deux types d'opérations militaires : les batailles dans la plaine de Troie, entre les positions achéennes et celles des soldats de Priam, et les sièges - celui du camp fortifié des Grecs, assez amplement décrit, et celui d'Illion, succinctement évoqué dans l'Odyssée. Du point de vue tactique, sièges et batailles dans la plaine présentent un certain nombre de différences, mais, en dernier lieu les uns et les autres consistent, pour l'essentiel, en combats singuliers. La vaillance de quelques héros, voire d'un seul, dans ses rangs, suffit souvent pour qu'un camp remporte la victoire ; aussi les effectifs d'ensemble d'une armée importent-ils moins que le courage de quelques soldats : des héros comme Ulysse, Hector ou Achille, capables de terrasser de nombreux ennemis dans plusieurs combats singuliers successifs sont plus précieux qu'une foule de combattants médiocres ; on comprend aussi pourquoi il était urgent qu'Achille se réconciliât avec Agamemnon.
En général, quels qu'ils soient, les combats cessent avec la tombée de la nuit ; chacun regagne alors sa baraque, et les hostilités ne reprennent que le lendemain, sans qu'on cherche à garder les positions acquises.


l'armée à l'époque homérique