Les combats des héros

Parfois, deux champions, le plus souvent malgré les prières de leurs parents qui voudraient les retenir loin du danger, s'avancent entre les lignes, sous les regards des soldats qui ont déposé leurs armes, pour venger la mort d'un de leurs compagnons ou livrer un combat solennel qui décidera du sort de la guerre. Dans le premier cas, les héros, comme Achille après la mort de Patrocle, sont animés d'une telle haine qu'un pacte est impossible ; quand le fils de Thétis se précipite sur Hector, il n'attend en retour de sa victoire aucun avantage pour les Achéens ; dans le second cas, un pacte est conclu entre les deux armées, accompagné de rites religieux : ainsi Ménélas propose aux Troyens un combat contre Paris parce qu'ils sont tous deux les premiers à devoir répondre des malheurs de la guerre et Hector, pour éviter que ne s'éternisent les hostilités entre les deux peuples, veut à tout prix rencontrer un héros achéen ; avant néanmoins de partir au combat, il fait ses adieux à Andromaque, (Homère, Iliade ; Racine, Andromaque).

En général ces combats se terminent par la mort de l'un des champions, après que celui-ci a pathétiquement supplié son vainqueur de l'épargner ; il n'est pas rare cependant que ce dernier s'acharne sur le cadavre de son ennemi terrassé. Parfois, la nuit interrompt le combat avant que l'un l'ait clairement emporté sur l'autre : d'un commun accord, ils renoncent à poursuivre la lutte, et s'offrent des armes (Homère, Iliade). Il arrive qu'une divinité évite à son favori, par un subterfuge, la honte d'une défaite (Homère, Iliade).

Il faut noter que certains ennemis ne sont pas autorisés à s'affronter dans un tel combat singulier, notamment les "hôtes héréditaires" ; par exemple, parce que deux de leurs ancêtres, Bellérophon et Oenée, se sont rendu l'hospitalité, le troyen Glaucos ne peut se battre contre le Grec Diomède ; les liens de l'hospitalité sont si forts qu'ils créent des obligations entre les descendants (Homère, Iliade).


l'armée à l'époque homérique