Deux chars divins, à travers les airs

Athéné et Héré fendent les airs pour aller se plaindre à Zeus de la cruauté d'Arès qui massacre les Argiens.

Héré examine et équipe ses coursiers au frontal d'or, Héré, l'auguste déesse, la fille du grand Cronos. De chacun des côtés du char, Hébé vivement met les roues recourbées, les roues de bronze à huit rayons, aux deux bouts de l'essieu de fer. La jante est d'or, inaltérable, mais par-dessus s'adaptent des cercles de bronze - une merveille à voir. Des moyeux ronds d'argent se voient des deux côtés. La caisse est tendue de lanières d'or et d'argent ; une double rampe l'entoure. Un limon d'argent en sort. A l'extrémité, Hébé attache le beau joug d'or, sur lequel elle place de belles courroies d'or. Puis Héré amène sous le joug ses chevaux aux pieds rapides. Elle est avide de querelle et de huée. [...]

Athéné monte enfin sur le char de flamme et saisit sa pique - la lourde, longue et forte pique sous laquelle elle abat les rangs des héros contre qui va sa colère de fille du Tout Puissant. Alors Héré, vivement, touche du fouet les chevaux. D'elles-mêmes, les portes gémissent, ces portes que gardent les Heures, à qui l'entrée est commise de l'Olympe et du vaste ciel, avec le soin d'écarter ou de remplacer tour à tour une très épaisse nuée. C'est par là qu'elles font passer l'attelage excité par l'aiguillon. Elles trouvent le fils de Cronos assis à l'écart, loin des autres, sur le plus haut sommet de l'Olympe aux cimes sans nombre. La déesse aux bras blancs, Héré, alors arrête ses chevaux.

Homère, Iliade, V, v. 721-732 et 745-755



Le témoignage des récits homériques