La réconciliation d'Achille et d'Agamemnon

"Atride, est-ce vraiment le bon parti que nous avons pris tous les deux, toi et moi, quand, dans notre déplaisir, nous nous sommes enflammés pour la querelle qui dévore les coeurs au sujet d'une fille ! Ah ! celle-là, pourquoi Artémis ne l'a-t-elle pas tuée d'une flèche sur mes nefs, le jour où je l'ai prise en détruisant Lyrnesse ? Moins d'Achéens ainsi eussent mordu la terre immense sous les coups de nos ennemis, alors que ma colère me retenait loin d'eux. Tout le profit a été pour Hector et les Troyens, tandis que les Achéens se souviendront longtemps sans doute de la querelle qui nous a, toi et moi, divisés. Mais laissons le passé être le passé, quel que soit notre déplaisir, et, puisqu'il le faut, domptons notre coeur en notre poitrine. A mon courroux je mets fin aujourd'hui."

Homère, Iliade, XIX, v. 56-66


Une armée nombreuse, mais sans unité