Le mur du camp achéen

Les Troyens se disposent à attaquer le mur.

Hector va par la foule, suppliant ses camarades et les pressant de franchir le fossé. Mais ses chevaux rapides hésitent et hennissent terriblement, arrêtés à l'extrême bord ; la largeur du fossé leur fait peur : à le voir de près, le sauter ou le traverser sont également malaisés ; sur toute sa longueur il a, des deux côtés, ses bords en surplomb, et, sur le côté au delà, il est garni de pieux pointus. Les fils des Achéens les ont disposés serrés et solides, pour se protéger contre l'ennemi. Aucun cheval tirant un char à bonnes roues ne s'y engagerait sans peine ; les fantassins eux-mêmes se demandent s'ils y pourront arriver. C'est alors que Polydamas s'approche et dit à l'intrépide Hector : "Hector, et vous tous, chefs troyens et alliés, c'est sottise de pousser, comme nous faisons, nos chevaux rapides à travers le fossé. Il est trop malaisé à franchir : des pieux aigus s'y dressent, et, tout contre eux, le mur des Achéens. Pour les meneurs de chars, il n'est aucun moyen d'y descendre ni de s'y battre ; c'est là un défilé où ils recevraient des meurtrissures."

Homère, Iliade, XII, v. 49-66



Le camp