"C'est ainsi qu'on besogne dans la mêlée brutale ..."

Homère raconte les exploits de trois Achéens, Mérion, Mégès, le fils de Phylée, et Eurypile, au cours d'une bataille.

Mérion, qui poursuivait Phérècle, le rejoint et le frappe à la fesse droite. La pointe se fraie un chemin tout droit, par la vessie, sous l'os. L'homme croule, gémissant, sur les genoux, et la mort l'enveloppe.

Mégès tue Pédée, le fils d'Anténor. Ce n'est qu'un bâtard, mais que Théanô la divine a élevé avec grand soin, tout comme ses enfants, pour plaire à son époux. Le fils de Phylée, illustre guerrier, s'approche et, de sa lance aiguë, le frappe à la tête, du côté de la nuque. Le bronze passe droit à travers les dents et coupe la racine de la langue. L'homme croule dans la poussière, et ses dents se ferment sur le bronze froid.

Eurypile, fils d'Évémon, tue le divin Hypsénor, fils du bouillant Dolopion, jadis prêtre du Scamandre, et par le peuple honoré comme un dieu. Comme il fuit devant lui, Eurypile, le glorieux fils d'Evémon, s'élance à sa poursuite et, de sa courte épée, le frappant à l'épaule, tranche le bras pesant. Le bras tombe à terre, sanglant, et dans les yeux de l'homme entrent en maîtres la mort rouge et l'impérieux destin.

Homère, Iliade, V, v. 65-83


Les mêlées dans la plaine