"Tu es pour moi un hôte héréditaire"

L'Achéen Diomède s'adresse au Lycien Glaucos, petit-fils de Bellérophon, que son grand-père Oenée avait accueilli en Grèce dans son manoir.

"Oui, oui, tu es pour moi un hôte héréditaire, et depuis longtemps. Le divin Oenée reçut jadis en son manoir ce Bellérophon sans reproche. Il l'y retint vingt jours, et ils se firent l'un à l'autre de magnifiques présents. Oenée lui faisait don d'une ceinture où éclatait la pourpre, et Bellérophon d'une coupe d'or à deux anses, que j'ai laissée dans mon palais le jour où j'en suis parti. De Tydée ( = son père) je ne me souviens pas : j'étais tout petit quand il me quitta ; c'était le temps où à Thèbes tombaient les hommes d'Achaïe. Ainsi je suis ton hôte au coeur de l'Argolide, et tu es le mien en Lycie, le jour où j'irai jusqu'en ce pays. Évitons dès lors tous deux la javeline l'un de l'autre, même au milieu de la presse. J'ai bien d'autres hommes à tuer parmi les Troyens ou leurs illustres alliés, si un dieu me les amène et si je les joins moi-même à la course. Et tu as aussi bien d'autres Achéens à abattre, si tu le peux. Troquons plutôt nos armes, afin que tous sachent ici que nous nous flattons d'être des hôtes héréditaires."

Ayant ainsi parlé, ils sautent de leurs chars, se prennent les mains, engagent leur foi.

Homère, Iliade, VI, v 215-233


Les combats des héros