Le châtiment d'Arachné


La vierge aux blonds cheveux (= Athéna), irritée d'un tel succès, déchire l'étoffe colorée qui reproduit les fautes des dieux ; elle tenait encore à la main sa navette ; trois ou quatre fois elle en frappe le front d'Arachné. [...] L'infortunée ne peut supporter l'outrage et, [...] dans son dépit, elle se noue un lacet autour de la gorge. Elle était pendue quand Pallas, ayant pitié d'elle, adoucit son destin : "Vis, lui dit-elle ; mais reste suspendue, misérable ! Je veux que le même châiment [...] frappe toute ta race jusqu'à tes neveux les plus reculés". Puis, en s'éloignant, elle répand sur elle les sucs d'une herbe choisie par Hécate ; aussitôt touchés par ce poison funeste, ses cheveux tombent, et avec eux son nez et ses oreilles ; sa tête se rapetisse ; tout son corps se réduit ; de maigres doigts, qui lui tiennent lieu de jambes, s'attachent à ses flancs ; tout le reste n'est plus qu'un ventre ; mais elle en tire encore du fil ; devenue araignée, elle s'applique, comme autrefois, à ses tissus.

Ovide, Les Métamorphoses, VI, v. 130-145


Athéna