Le triomphe de Cicéron


En voyant encore plusieurs de leurs complices en troupe sur la place qui ne savaient rien de ce qui s'était fait et attendaient seulement que la nuit fût venue pour aller prendre par force leurs compagnons là où ils seraient, pensant qu'ils fussent encore vivants, il (Cicéron) se tourna vers eux et leur cria tout haut : “Ils ont vécu”. [...] Quand le soir fut venu et qu'il voulut se retirer en sa maison, passant par la place le peuple le reconnut [...] avec de grandes clameurs à sa louange et battements de mains partout où il passait, en l'appelant sauveur et second fondateur de Rome; et il y avait à toutes les portes des maisons force flambeaux, torches et lumières de sorte qu'il faisait clair comme en plein jour parmi les rues. Les femmes mêmes éclairaient du plus haut des maisons pour lui faire honneur et pour le voir accompagné et reconvoyé (= escorté) fort honorablement d'une longue suite des principaux hommes de la ville.

Plutarque, Vie de Cicéron, 22, 4-6 (trad. J.Amyot)


Du consulat jusqu'à l'exil