Sur la route de l'exil


lettre à sa femme.

Il n'est pas une heure de ma vie qui ne soit misérable; et puis, quand je vous écris ou que je lis vos lettres, j'entre dans des crises de larmes à n'y plus pouvoir tenir. Ah ! que n'ai-je moins aimé la vie ! Je n'aurais rien connu de ses maux ou peu de chose.[...] Ah ! Je veux te voir, ma chère âme, le plus tôt possible et achever de mourir dans tes bras.[...] Je pars de Brindes le 29 avril. [...] Ah ! Quel désastre ! Quelle douleur ! Puis-je à présent te demander de me rejoindre, pauvre femme malade, à bout de forces et de courage ? Ne pas te le demander ? Rester privé de ta présence ? [...] Une chose est certaine, sache-le bien : c'est que si je t'ai auprès de moi, je ne me croirai pas tout à fait perdu. Mais qu'adviendra-t-il de ma chère petite Tullia ? [...] Et mon cher Cicéron, que fera-t-il ?

Cicéron, ad Familiares, XIV, 4, 1-3 passim


De l'exil à la mort