Mort de Cicéron


“Mourons”, dit-il, “dans une patrie que nous avons souvent sauvée !” Il est prouvé que ses esclaves, courageux et fidèles, étaient prêts à se battre pour le défendre, mais lui, fit déposer sa litière et leur dit de supporter calmement ce qu'un sort injuste lui infligeait. Il se pencha hors de sa litière et offrit sans trembler sa nuque. On lui trancha la tête. mais cela ne suffit pas à la stupide cruauté des soldats : ils coupèrent aussi ses mains, leur reprochant d'avoir écrit quelque chose contre Antoine. Alors sa tête fut apportée à Antoine et, sur son ordre, placée entre ses deux mains aux Rostres où, consul, et souvent comme ancien consul, et cette année même il avait, avec une éloquence admirable comme il y en eut jamais, tonné contre Antoine.

Tite-Live, Histoire romaine, CXX, in Sénèque le Père, Suasoriae, VI,17 (trad. E. Girard)


Cicéron