Le supplice de Gavius


“On tailladait à coups de verges un citoyen romain, juges, en plein forum de Messine et, pendant ce temps, dans la souffrance et sous le claquement des coups, le malheureux ne poussait ni gémissement ni autre cri que ces mots : “ Je suis citoyen romain”. En rappelant sa qualité de citoyen, il croyait fermement qu'il écarterait tous les coups et détournerait Verrès de le crucifier. Non seulement il ne réussit pas à écarter par ses prières la violence des verges mais, comme il implorait plus souvent le nom de la cité, c'est la croix, oui, dis-je, la croix qu'on préparait à ce misérable infortuné qui n'avait jamais vu un tel fléau. O nom bien-aimé de la liberté, ô droit précieux entre tous de notre cité ! (...) Mais pourquoi parler davantage de Gavius ? (...) Ce n'est pas à cet homme que tu as marqué de la haine mais à la cause commune de la liberté.”

Cicéron, de suppliciis, LXII, 162, 169.


De la naissance au consulat