Les coupes de Pamphile


Verrès, par abus de pouvoir, lui avait enlevé une aiguière d'un remarquable travail, d'une grande valeur [...] qu'il tenait de son père et de ses ancêtres. “J'étais assis tout abattu chez moi”, me dit-il; “accourt un esclave du temple de Vénus; il m'ordonne d'apporter sur-le-champ au prèteur des coupes ornées de figures en relief. [...] J'arrive; le prèteur reposait; les frères de Cibyre (des rabatteurs de Verrès)se promenaient en faction. À peine m'eurent-ils aperçu : “Où sont ces coupes, Pamphile ?” s'écrient-ils. Tout abattu, je les leur montre; ils les prisent. Je commence à me plaindre, disant qu'il ne me restera aucun objet de quelque valeur si on va jusqu'à m'enlever les coupes. Alors ceux-ci, me voyant bouleversé : “Que veux-tu nous donner pour qu'on ne te les prenne pas ?” Pour faire court, c'est mille sesterces (=environ 15.000 francs) qu'ils me demandèrent.”

Cicéron, de signis, XIV, 32


De la naissance au consulat