Conseils à un gouverneur


Pour ma part, il me semble que les chefs doivent tout rapporter à ce principe : ceux qu'ils ont à gouverner devront être aussi heureux que possible. [...] Il appartient non seulement à celui qui exerce une autorité sur des alliés et des citoyens, mais même à celui qui l'exerce sur des esclaves, sur des bêtes privées de la parole, de servir l'avantage et l'utilité de ceux qui sont soumis à cette autorité. Pour ce genre de devoirs je vois que, de l'avis de tous, tu montres le plus grand zèle. [...]Tous ont très facilement accès jusqu'à toi, tes oreilles sont ouvertes à toutes les plaintes; aucune détresse, aucune solitude n'est exclue non seulement de ces audiences et de ce tribunal où tu reçois le peuple, mais même de ta maison, de ta chambre; enfin, dans l'ensemble de ton pouvoir, il n'y a rien de pénible, rien de cruel, mais tout est plein de clémence, de douceur, d'humanité.

Cicéron, ad Quintum, I, 1, 24-25(traduction Nicolet-Michel, éd. Seuil)


De la naissance au consulat