Influence de Catilina sur les jeunes gens


Catilina n'avait pas eu de peine à grouper autour de lui tous les vices et tous les crimes qui formaient comme ses gardes du corps. Tous les débauchés, les adultères, les habitués de tripots qui dans le jeu, la bonne chère, les femmes avaient dilapidé la fortune paternelle, tous ceux qui s'étaient chargés de dettes pour se racheter de l'infamie ou du crime; [...] enfin tous ceux que tourmentaient le déshonneur, la misère, le remords, tous ces gens-là étaient les intimes et les familiers de Catilina. [...] Du reste, c'est surtout des jeunes gens qu'il recherchait l'intimité : leur âme encore tendre et malléable se laissait facilement prendre à ses pièges. [...] Il avait mille façons de leur enseigner le crime [...]: il les habituait à faire fi de la parole donnée, de la fortune, du danger; puis, quand il les avait perdus de réputation et d'honneur, il leur commandait de plus grands crimes.

Salluste, Conjuration de Catilina, XIV;XV.


Du consulat jusqu'à l'exil