Catilina harangue ses partisans


“En vérité, j'en atteste les dieux et les hommes, la victoire est dans nos mains; nous avons la jeunesse, nous avons le courage. [...] Quel homme digne de ce nom pourrait souffrir que ces gens regorgent de richesses, [...] tandis que nous n'avons pas d'argent même pour le nécessaire ? [...] Ils ont beau acheter tableaux, statues, vases ciselés, démolir des maisons neuves pour en construire d'autres, bref, gaspiller et dilapider leur argent de toutes les façons, ils ne peuvent pourtant, malgré toutes leurs folies, venir à bout de leurs richesses. Mais pour nous, à la maison, c'est la gêne, au dehors, les dettes; un présent lamentable, un avenir plus triste encore; enfin, que nous reste-t-il, sinon un misérable souffle de vie ? Eh bien, alors, réveillez-vous ! La voici, oui, la voici, cette liberté que vous avez tant souhaitée; et, avec elle, richesses, honneur, gloire sont devant vos yeux.”

Salluste, Conjuration de Catilina, XX, 10-14


Du consulat jusqu'à l'exil