Du consulat jusqu'à l'exil ( 63-58 )


La conjuration de Catilina et ses conséquences

Catilina, évincé lors des élections pour le consulat de l'année 63, rêve de s'emparer du pouvoir par la violence.(Cicéron, Pro Murena) Ce noble avait toutes les séductions (Salluste, Conjuration de Catilina) et entraînait derrière lui tous les jeunes gens ruinés, comme lui, par leurs folles dépenses, tous ceux qui, perdus de vices et de crimes, n'avaient plus rien à perdre et tout à gagner à une révolution violente.(Salluste, Conjuration de Catilina) Il recrute même une armée en Étrurie (Cicéron, Première Catilinaire), où il excite avec frénésie ses partisans . (Salluste, Conjuration de Catilina) Mais le consul Cicéron est tenu au courant de toutes ces menées : lui aussi, il a ses espions ! (Cicéron, Première Catilinaire)Toute l'année 63 est très agitée et Cicéron n'a pas, malgré les révélations qu'on lui fait, les moyens de faire arrêter Catilina. Cependant ces menées l'inquiètent sur sa propre personne et il ne sort plus que revêtu d'une cuirasse bien visible sous sa toge.( Plutarque, Vie de Cicéron) Cicéron obtient enfin du Sénat les pleins pouvoirs et, dans les deux derniers mois de son consulat (novembre-décembre 63) il frappe un grand coup; il “bluffe” même (puisqu'il ne possède encore aucune preuve tangible) et il lance la première de ses Catilinaires (quatre au total) au Sénat, intimide Catilina,( Cicéron, Première Catilinaire) présent à la séance, qui part rejoindre son armée en Étrurie, avouant ainsi sa culpabilité.( Salluste, Conjuration de Catilina) Un deuxième discours (au peuple) ameute l'opinion publique.( Cicéron, Deuxième Catilinaire) Les conjurés tentent alors de s'aboucher avec des députés Allobroges présents à Rome. Ceux-ci informent Cicéron qui, grâce à eux, tient désormais en mains un document (lettre signée) accablant.( Salluste, Conjuration de Catilina)

Cicéron fait arrêter immédiatement les conjurés présents à Rome, réunit le Sénat qui approuve l'arrestation et récompense les dénonciateurs du complot, et informe le peuple (3ème catilinaire). Le 5 décembre, il obtient du Sénat, au cours d'une séance dramatique (4ème catilinaire), la condamnation à mort des conjurés.( Salluste, Conjuration de Catilina) Le soir même ceux-ci sont exécutés dans le Tullianum, un des cachots de la prison Mamertine (près du Capitole). (Salluste, Conjuration de Catilina)A la lumière des torches, les chevaliers en armes entourent le consul en l'acclamant et lui font cortège. (Plutarque, Vie de Cicéron) Le mois suivant (5 janvier 62) l'armée gouvernementale triomphe de l'armée de Catilina - que beaucoup de ses partisans ont d'ailleurs abandonné - à Pistoia (en Étrurie) où Catilina lui-même trouve la mort.

Cicéron avait ainsi sauvé l'état et la république; le titre de Pater patriae (père de la patrie) lui fut décerné et le souvenir de ce succès sur la conjuration de Catilina fut pour Cicéron un motif de gloire personnelle qu'il rappelait volontiers.

Quatre ans plus tard, néanmoins, en 58, sous la pression du parti populaire, entraîné par Clodius, Cicéron, abandonné par le parti conservateur et le triumvirat formé par Pompée, César et Crassus, fut exilé (pendant un an) pour avoir fait exécuter sans jugement les complices de Catilina.

De la naissance au consulat De l'exil à la mort Conclusion Cicéron