De l'exil à la mort (58-43)


Cicéron s'était aliéné les démocrates, notamment le tribun Clodius, en écrasant la conjuration de Catilina. De plus, par un excès de vanité imprudent (il écrit sur son consulat des Mémoires et projette un long poème sur le même sujet ! (Cicéron, ad Atticum)) il perd le soutien de Pompée, vainqueur de Mithridate, allié désormais, dans le premier triumvirat, à César et à Crassus. Sous la pression de Clodius, Cicéron est exilé en Thessalie (en 58) pour avoir fait exécuter sans jugement les complices de Catilina, et sa maison à Rome est détruite.( Cicéron, ad Familiares) L'année suivante, le tribun Milon le fait rappeler; son retour est triomphal, (Cicéron, ad Atticum) sa maison reconstruite aux frais de l'Etat, mais son autorité politique est très affaiblie. Dans sa semi-retraite, il prononce un certain nombre de plaidoyers, dont un des plus célèbres est le Pro Milone (en 52; Milon était accusé du meurtre de Clodius) et compose un grand ouvrage de réflexion sur la formation de l'orateur et l'art oratoire (le De oratore, en 55 (Cicéron, ad Familiares)) ainsi que des ouvrages politiques : le de Republica (en 54) et le de Legibus (en 52). En 51, il est envoyé comme proconsul en Cilicie (Cicéron, ad Atticum) (en Asie Mineure). À son retour (janvier 49), il retrouve Rome en proie à la guerre civile entre César et Pompée. Cicéron traverse alors une période de doute et d'irrésolution (Cicéron, ad Atticum) ; il soutient Pompée et le parti gouvernemental contre César qui s'est mis dans l'illégalité en franchissant le Rubicon, mais sa lucidité discerne trop bien les défauts et les faiblesses de Pompée et de son armée (Cicéron, ad Atticum). Il suit néanmoins Pompée, qui a quitté le sol italien, mais refuse de participer à la bataille de Pharsale (le 9 août 48) qui voit la défaite de Pompée (Cicéron, ad Familiares). Cicéron revient en Italie où César lui pardonne et lui permet de rentrer à Rome, mais, cette fois, il ne joue plus aucun rôle politique et se consacre entièrement à son oeuvre littéraire : ouvrages de rhétorique ( le Brutus et l'Orator), nombreuses oeuvres philosophiques, notamment les Tusculanes, sous forme de dialogue à la manière de Platon et qui tirent leur nom de la propriété de Cicéron à Tusculum, où se déroulent les entretiens. Sa vie personnelle est troublée : il divorce de son épouse Terentia (en 46) et a la douleur de perdre sa fille Tullia (en 45) (Cicéron, ad Familiares).

La mort de César (en mars 44) le remplit de joie : Cicéron croit pouvoir jouer à nouveau un rôle dans la république retrouvée. Mais Antoine revendique la succession de César et impose sa loi. Cicéron prononce alors contre Antoine quatorze Philippiques (Cicéron, ad Familiares) (qui tirent leur nom des discours du même nom prononcés par le grand orateur grec Démosthène contre Philippe de Macédoine), extrêmement violentes, en soutenant activement contre lui le jeune Octave (le futur empereur Auguste) (Cicéron, ad Brutum). Mais bientôt celui-ci fait alliance avec Antoine et Lépide pour constituer le deuxième triumvirat et l'une des conditions de cette alliance est l'élimination de Cicéron. Celui-ci est proscrit; rejoint dans sa propriété de Formies par les soldats d'Antoine, il se laisse égorger avec courage, le 7 décembre 43 (Plutarque, Vie de Cicéron); quelques jours plus tard, son frère Quintus et son fils furent également massacrés. Antoine fit exposer à la tribune aux harangues (les Rostres) la tête de l'orateur ainsi que ses mains, qui avaient écrit les Philippiques.

De la naissance au consulat Du consulat jusqu'à l'exil Conclusion Cicéron