les exceptions furent nombreuses


(en 214 av. J.C., au cours de la seconde guerre punique, avant la bataille de Bénévent, Tibérius Gracchus installe son camp à proximité de la ville)

Là, il réunit ses soldats en assemblée. Il avait des légions formées en grande partie de volontaires esclaves, qui, depuis plus d'un an déjà, avaient mieux aimé mériter en silence la liberté que la réclamer hautement. Il avait entendu cependant, en quittant ses quartiers d'hiver, des murmures dans sa colonne, des soldats demandant si jamais ils feraient campagne en hommes libres, et il avait écrit au sénat moins leur désir que leurs mérites : bons et courageux, disait-il, avaient été, jusqu'à ce jour, leurs services sous son commandement, et, pour être des modèles de soldats réguliers, il ne leur manquait rien que la liberté. Sur ce fait, on lui avait alors permis de faire ce qu'il jugerait dans l'intérêt de l'Etat. Ainsi, sans attendre d'en venir aux mains avec l'ennemi, il leur déclare que le moment est venu pour eux de conquérir la liberté qu'ils espèrent depuis longtemps. Le lendemain, en bataille rangée, ils vont, dit-il, combattre sur un terrain net et découvert (...) : le soldat qui rapportera la tête d'un ennemi ; aussitôt, il le déclarera libre ; celui qui lâchera pied, il le punira d'un supplice d'esclave ; chacun a son sort dans sa main.

Tite-Live, XXIV, 14, 3-7


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