Les progrès de Philippe


“Faut-il rappeler que Philippe, faible et humble au début, est devenu puissant, que les Grecs sont en défiance et en discorde les uns avec les autres, que, s'il était alors invraisemblable qu'étant si petit il devînt si grand, il l'est bien moins aujourd'hui, après tant de succès obtenus, qu'il mette encore le reste sous sa domination ? [...] Mais ce qui me frappe, c'est que tous aujourd'hui, à commencer par vous, oui, tous lui concèdent [...] le droit d'agir arbitrairement, celui de mutiler, de détrousser à son gré tous les Grecs, l'un après l'autre, celui d'attaquer les villes et de les réduire en esclavage. [...] Or, quand nous voyons cela, nous, Grecs de tout pays, [...] nous avons si peu de coeur, nous sommes si étroitement parqués derrière les fossés de nos villes que, jusqu'à ce jour, il nous est impossible de rien faire d'utile. [...] Nous le laissons grandir et chacun de nous, croyant sans doute gagner le temps qu'un autre met à périr, néglige de songer aux moyens de sauver la Grèce, de rien faire pour son salut.”

Démosthène, Troisième philippique, 21-29, passim.


La grande période