Tout est corrompu...


“Quelle est la cause de ce mal ? [...] Il y avait alors, Athéniens, oui, il y avait dans l'âme de tous quelque chose qui n'y est plus, quelque chose qui a vaincu l'or de la Perse et qui faisait des Grecs un peuple libre, quelque chose qui était invincible sur terre et sur mer; et c'est la disparition de ce quelque chose qui a tout corrompu. Qu'était-ce donc ? [...] C'était qu'il y avait grand danger à être convaincu de vénalité, que des châtiments terribles punissaient ce crime. [...] On ne pouvait acheter [...] la concorde entre les citoyens, ni la défiance à l'égard des tyrans. [...] De nos jours, tout cela est à vendre comme au marché et, en échange, on a importé tout ce qui a perdu et corrompu la Grèce. Quoi donc ? L'envie à l'égard de celui qui a touché de l'argent; l'habitude d'en rire, s'il l'avoue; le pardon s'il est convaincu; la haine de ceux qui le flétrissent; tout ce qui fait cortège à la vénalité.”

Démosthène, Troisième philippique, 36-39, passim


La grande période