Le bon conseiller


“Celui qui, pour votre bien, s'oppose à vos volontés, qui, dans ses discours, ne cherche jamais à vous plaire, mais toujours à vous être utile, qui se dévoue à une politique dont le succès dépend plus des hasards de la fortune que des calculs humains et qui, pourtant, accepte d'être responsable devant vous des uns et des autres, celui-là est un homme de coeur, celui-là est un bon citoyen et non pas ceux qui, pour vous complaire au jour le jour, ont sacrifié les intérêts de la république. [...]

Ce qu'il faut, c'est que la république grandisse en même temps que grandit l'action des bons citoyens et c'est aussi que tous, en toute circonstance, proposent le meilleur parti et non celui qui coûte le moins de peine. Vers ce qui est facile la nature humaine ira toujours d'elle-même, mais c'est dans l'autre sens que le bon citoyen doit la pousser par ses instructions et par la raison. [...] C'est de vous-mêmes que vous devez attendre l'action ; à l'orateur, ne demandez que de vous donner, en connaissance de cause, le meilleur avis.

Démosthène, Discours sur la Chersonèse, 69-75, passim


Conclusion