La grande période


- 351 : C'est “le coup de tonnerre” de la Première Philippique (Démosthène, Première philippique). À cette époque, la Grèce entière n'est que désordre; les cités sont en état d'hostilité permanente les unes à l'égard des autres et, pendant ce temps, la Macédoine cherche à prendre l'hégémonie (Démosthène, Troisième philippique). À Athènes, le goût du bien-être, une sorte d'optimisme paresseux et de laxisme moral règnent(Démosthène, Troisième philippique), entretenus par les hommes politiques au pouvoir (Démosthène, Discours sur la Chersonèse), soit pour des raisons personnelles intéressées, soit pour éviter à la cité des dépenses trop importantes qui obligeraient à des sacrifices de la part de tous (Démosthène, Discours sur la Chersonèse). Ces responsables soutiennent donc la paix et laissent faire Philippe de Macédoine. Au contraire, certains Athéniens s'inquiètent des ambitions de la Macédoine et ne supportent pas de voir Athènes sans liberté, sans énergie, sans un idéal : parmi ces hommes Démosthène s'impose et défend une politique d'action.

La Première Philippique réveille donc les Athéniens : Démosthène y lutte contre les défaitistes mais ne se contente pas de fustiger l'attitude paresseuse de ses compatriotes; il propose des mesures concrètes : une flotte, une armée permanente composée de citoyens, etc. (Démosthène, Première philippique)

Ce premier discours est bientôt suivi des trois Olynthiennes (du nom de la ville d'Olynthe, en Chalcidique, que Philippe assiégeait et qu'il finit par prendre, d'ailleurs), puis de la deuxième et de la troisième Philippiques, ainsi que du Discours sur la Chersonèse (en Thrace, aujourd'hui péninsule de Gallipoli) et de la quatrième Philippique. Sans cesse Démosthène insiste sur la nécessité d'avoir un plan d'action au lieu d'agir au coup par coup, de prévoir l'avenir, d'envisager une situation et ses conséquences en face.

En 347, un riche citoyen, Midias, de longue date ennemi politique de Démosthène et qui lui avait fait déjà subir bien des avanies, frappe, en plein théâtre, l'orateur alors que celui-ci faisait office de chorège bénévole. Démosthène écrit et prononce alors - peut-être - le Contre Midias.

En 346, Démosthène et son grand adversaire politique, Eschine, font partie des ambassades envoyées auprès de Philippe de Macédoine pour conclure une paix provisoire (paix de Philocrate); Démosthène est persuadé qu'Eschine s'est laissé acheter par les Macédoniens et le démontre dans le discours Sur l'ambassade. Eschine est néanmoins acquitté.

En pleine action Après la défaite Conclusion Démosthène