Après la défaite (338-322)


Après Chéronée, Athènes a perdu son indépendance et Démosthène se tait (Plutarque, Vie de Démosthène). Cependant un décret, en 337, sur proposition d'un certain Ctésiphon, attribue à Démosthène une couronne d'or comme récompense nationale pour le patriotisme déployé par l'orateur. Eschine attaque ce décret pour illégalité. La mort de Philippe (336) (Plutarque, Vie de Démosthène, Eschine, Contre Ctésiphon), l'avènement de son fils Alexandre, qui déjoue rapidement et violemment les tentatives de rébellion des Grecs, reportent le procès à l'année 330. Démosthène prononce alors, en réponse au Contre Ctésiphon d'Eschine, le discours Sur la couronne où il fait l'apologie de sa carrière politique. C'est sans doute le discours qui donne l'idée la plus complète et la plus haute du génie de Démosthène : il y a, dit-il en substance, de l'honneur à s'être battu jusqu'au bout, même si la lutte a abouti à une défaite (Démosthène, Sur la couronne). Une foule immense assista au procès dont Démosthène sortit vainqueur.

Quelques années plus tard (324), ce fut l'affaire d'Harpale : cet intendant d'Alexandre avait pillé le trésor royal ; après le retour d'Alexandre, il se réfugie à Athènes. On l'accuse bientôt d'avoir utilisé cet argent pour soudoyer les conseillers du peuple, parmi lesquels Démosthène (Plutarque, Vie de Démosthène) ; celui-ci, ne pouvant payer l'amende à laquelle on le condamne, s'exile.

Alexandre meurt en 323 et, de nouveau, les cités grecques tentent de secouer le joug de la Macédoine (guerre lamiaque). Les Athéniens marchent contre le général macédonien Antipater et sont écrasés à Crannon, en Thessalie (322). Démosthène, pourchassé, se réfugie au sanctuaire de Poseidon dans l'île de Calaurie (près de la côte de l'Argolide) ; cerné, il absorbe le poison contenu dans son stylet (Plutarque, Vie de Démosthène).

La grande période En pleine action Conclusion Démosthène