Conclusion


La personnalité de Démosthène est réellement hors du commun ; l'énergie lui est certes naturelle et les déboires de sa jeunesse ne firent que l'accentuer. Elle se précisa encore plus lorsqu'il joua un rôle de premier plan et eut des responsabilités politiques.

Cette énergie se traduit d'abord par la façon dont il parle : à la tribune, il se déchaîne. Cette énergie procède aussi d'un patriotisme ardent et de la haute idée qu'il se fait du rôle que doit jouer un homme politique dans une démocratie : celui d'un “bon conseiller” (Démosthène, Discours sur la Chersonèse).

Ce patriotisme s'accompagne d'idéalisme : Démosthène a toujours su élargir le débat, dépasser le sujet particulier pour s'élever aux grandes questions de politique générale. Il répète inlassablement que les intérêts particuliers doivent s'effacer devant l'intérêt général, que seul un effort collectif, fait de chaque effort particulier, peut sauver la situation.

Mais cet idéalisme n'est pas mystique : Démosthène possède aussi la compétence, due à ses connaissances historiques, à sa réflexion sur les événements et à son estimation précise de la situation.

Toutes ces qualités de l'homme se retrouvent évidemment dans l'orateur. Démosthène lui-même a toujours soutenu que, pour un orateur, le premier point était l'action, le deuxième, l'action et le troisième, encore l'action. Démosthène possède le vrai tempérament oratoire et son éloquence franche, incisive, parcourue de formules frappantes, se grave peu à peu dans l'esprit de ses auditeurs. C'est une éloquence en mouvement qui traduit une pensée sans cesse bouillonnante.

Les Athéniens avaient été sensibles à la grandeur de cette âme énergique et de ce patriotisme passionné : sur sa statue, à l'agora, ils firent graver :

Si tu avais eu, Démosthène, autant de pouvoir que de caractère,
Jamais l'Arès de Macédoine n'aurait régné sur les Grecs.

La grande période En pleine action Après la défaite Démosthène