Le Châtiment de Penthée


"Apparais sous la forme d'un taureau ou d'un dragon à plusieurs têtes, ou d'un lion ardent. Va, Bacchus et, le sourire aux lèvres, emprisonne de ton filet de mort le chasseur des Bacchantes (= Penthée), tombé parmi la troupe des Ménades."

Euripide, Les Bacchantes,, v. 1017-1020


La première, sa mère, commença, en sacrificatrice, l'oeuvre meurtrière ; elle fond sur lui ; Penthée, alors, [...] lui caresse la joue et dit : "C'est moi, mère, ton fils, Penthée, que tu as mis au monde dans le palais d'Échion. Prends pitié de moi, mère ; ne va pas, pour châtier mes erreurs, tuer ton propre fils."

Mais elle, l'écume aux lèvres, les yeux révulsés, l'esprit égaré hors de toute raison, était possédée de Bacchos et Penthée ne parvenait pas à la persuader. Elle prit dans ses mains le bras gauche de son fils ; s'accrochant au flanc de l'infortuné, elle lui déchira l'épaule ; elle n'y mettait nulle force : le dieu facilitait le travail de ses mains. Inô travaillait de l'autre côté et déchirait les chairs[...]. Partout c'étaient des cris : Penthée gémissait de toute la force de son souffle, et les Bacchantes poussaient des clameurs. L'une emportait un bras, l'autre un pied avec sa botte ; le flanc, déchiré, était dépouillé de sa chair : toutes les femmes, couvertes de sang, lançaient de tous côtés, comme au jeu de la balle, les chairs de Penthée. [...] Quant à la tête de cet infortuné, sa mère l'a prise dans ses bras ; elle l'a fixée à son thyrse.

Euripide, Les Bacchantes, v. 1114-1140, trad. M. Lacroix


Dionysos